LE MASQUE (extrait du recueil “Refuges”)
Je suis ce que je suis, mais savez-vous qui passe ?
Vous pensez reconnaître jouant de son loup,
Arlequin ou Pierrot, Colombine à l'air doux,
Ou alors est-ce un clown à tournure cocasse !
Je cache ma figure et vous regarde en face,
Derrière mon velours j'ai beaucoup de bagou,
Mais à la vérité j'ai un peu peur de vous,
Et vous, aimeriez-vous un être sans audace ?
Il faut faire des mines pour plaire et chercher
A séduire le monde en quelque pitrerie,
Et nul ne s'aperçoit de mon coeur en charpie.
Rigide est mon sourire en papier à mâcher,
Jamais sur mon verni peut-on voir une larme,
Car ma joie et ma peine ont un écran de charme.